Carach Angren – Franckensteina Strataemontanus, un monstre est né

Artiste : Carach Angren
Album : Franckensteina Strataemontanus
Label : Season of Mist
Sortie : 26/06/2020
Style : Black Metal Symphonique

Bat-score 5 sur 5

Votre âme est noire comme la vipère, comme le petit phacochère…

Franckensteina Strataemontanus signe le grand retour de Carach Angren ! Repoussé de quelques semaines en raison de la pandémie mondiale, ce sixième album des néerlandais est monstrueusement impressionnant. Comme à son habitude, le groupe concentre ses efforts sur un thème bien particulier. Il s’agit donc ici de se pencher sur Conrad Dippel, médecin allemand qui fut notamment la source d’inspiration de Mary Shelley pour son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne. Voilà qui promet une bonne dose d’horreur pour réveiller l’obscurité de mon âme, HA HA HA HA HA.

© Stefan Heilemann

Dissection de la bête

Après un Dance And Laugh Amongst The Rotten que j’avais particulièrement apprécié il y a trois ans, Carach Angren parvient une fois de plus à sublimer son art. L’ambiance horrifique et mystérieuse retranscrite dans ce nouvel effort est ainsi toujours plus proche de la perfection.

Telle une scène d’ouverture d’un long métrage “à la Tim Burton” (époque Sleepy Hollow par exemple), Here in German Woodland et son narrateur nous plantent un décor d’abord féérique et mystérieux pour sombrer petit à petit dans l’inquiétude…

S’en suit alors Scourged Ghoul Undead, suite logique de cette entrée en matière. D’emblée, le batteur Namtar impose un rythme effréné ! On retrouve avec plaisir et sans tarder la diction parfaite et terrifiante de Seregor. Le travail d’orchestration mené par Ardek est quant à lui savamment dosé. On commence d’ailleurs à remarquer l’incursion de quelques discrètes touches électroniques par ci par là (Oh ça me plait ça !)… En somme, telle est la formule magique qui nous attend pour le reste de l’album !

Scourged Ghoul Undead

Place ensuite au formidable Franckensteina Strataemontanus, mon morceau préféré de l’album. Il marque à juste titre une évolution notable dans le style du groupe. En effet, comme évoqué précédemment, des sonorités électroniques, poisseuses et latentes, se laissent deviner tout du long pour conférer au titre une ambiance particulièrement angoissante. Que dire également au sujet du refrain chanté en voix claire : “Oh in the name of God, now I know how it feels to be God“, magnifique ! Ainsi, nous comprenons que le savant fou a réussi a donner vie à sa créature…

The Necromancer cache bien son jeu ! Son rythme est d’abord plutôt lent mais son atmosphère digne d’Haloween n’en reste pas moins intrigante voire ectoplasmique. Puis, le calme arrive avant une tempête de blast beats…

Sewn for Solitude démarre pied au plancher accompagné de chœurs et d’un solo de violon. Vient ensuite le refrain mettant en avant la voix claire d’Ardek pour un résultat ô combien théâtral. On ressent bien toute la solitude et la tristesse de la créature, sniff…

Sewn for Solitude

Quant à Operation Compass, ce dernier nous plonge en 1940 avec son introduction qu’on croirait tirée d’une communication confidentielle militaire. Le danger rôde à chaque instant. Je me souviens que lorsque ce morceau avait été dévoilé en amont de la sortie de l’album, il ne m’avait pas particulièrement marqué. Au final, il s’intègre parfaitement bien à l’ensemble.

Sur fond de percussions indus, nappes de synthé glaciales, rires dérangés et cris de femme effrayée (ou torturée ?), Monster est la bande originale d’épouvante parfaite. Une petite pensée également pour les riffs de guitare malsains qui ne sont pas sans me rappeler au bon souvenir d’un certain Director’s Cut de Fantomas.

Der Vampir von Nürnberg est un pur concentré de tout le savoir faire que Carach Angren nous a démontré jusqu’à maintenant. Véloce, incisif, mélodique, orchestral… tout y est.

Der Vampir von Nürnberg

Skull with a Forked Tongue martèle une rythmique furieuse à couper le souffle associée à un refrain lancinant du plus bel effet. Comme toujours avec ce style musical, tout est question de contraste ! “Ah mais j’ai toujours dit…”

Depuis Lammendam, le dénouement d’un album a toujours été quelque-chose de très spécial. Like a Conscious Parasite I Roam ne déroge par conséquent pas à la règle en étant la chanson la plus longue du cd avec ses 8 minutes 15 secondes. Les images du film A Cure for Wellness défilent dans ma tête à l’écoute de cette splendide conclusion riche en émotions.

Enfin, Frederick’s Experiments nous remet la pression en guise de scène post générique survitaminée, un délice !

C’est donc une fois de plus une totale réussite signée Carach Angren ! L’album tourne en boucle depuis son achat et je suis de plus en plus fasciné par le phrasé si particulier de Seregor.

Franckensteina Strataemontanus – Tracklist

  1. Here in German Woodland
  2. Scourged Ghoul Undead
  3. Franckensteina Strataemontanus
  4. The Necromancer
  5. Sewn for Solitude
  6. Operation Compass
  7. Monster
  8. Der Vampir von Nürnberg
  9. Skull with a Forked Tongue
  10. Like a Conscious Parasite I Roam
  11. Frederick’s Experiments (Bonus)

Unboxing coffret deluxe – Franckensteina Strataemontanus

Pour fêter l’événement de cette sortie tant attendue, je me suis laissé tenter par le coffre deluxe incluant les articles exclusifs suivants :

  • Digipack avec vernis phosphorescent, titre bonus “Frederick’s Experiments” et livret de 24 pages.
  • 4 tatouages temporaires phosphorescents.
  • Tour de cou avec le corpsepaint du chanteur Seregor (la classe).

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